Me 12 octobre

Prix

Concerts: 15.-
Concerts+Cinéma: 24.-

Z. Karkowski & A. Nojiri

Zbigniew Karkowski & Atsuko Nojiri
(Sub Rosa/PL/J)

« Au cœur de notre existence physique, nous sommes composés de bruits et toutes les manifestations de formes qu’on trouve dans l’univers ne sont rien d’autre que des bruits qui ont pris une forme visible […]. Il n’existe rien d’autre en dehors du bruit, tout ce qui existe est vibration. Mon but est de déployer la musique jusqu’à ce qu’il n’existe rien d’autre que de la musique ». La musique de Karkowski est avant tout une expérience physique, où le corps s’enfonce dans une marée sonore dont la matérialité opaque, aux frontières de la sensibilité et du temps, doit s’ouvrir à de nouvelles perceptions.

Né à Cracovie en 1958, Karkowski a étudié aux Conservatoires de Göteborg et d’Amsterdam avant de prendre des cours de composition auprès de grands maîtres de la musique contemporaine (Xenakis, Boulez, Messiaen). Co-fondateur du trio Sensorband avec Edwin van der Heide et Atau Tanaka (projet intégrant différents types de capteurs visant à créer des alliages de sonorités nouvelles à partir des réactions et des mouvements du corps), il vit depuis 1994 à Tokyo, où il collabore étroitement avec la scène noise locale et internationale (créant notamment Mazk avec Masami Akita, aka Merzbow).

Depuis de nombreuses années, Karkowski multiplie les collaborations, explorant toujours plus profondément et de manière toujours plus radicale les ressources d’une musique qui se considère fondamentalement « physique et non verbale », catalysant l’excessivement réel qu’elle réinvente. Le projet présenté au LUFF est une première européenne. La vidéaste japonaise Atsuko Nojiri y projettera ses images grattées, ses stries tachées, et ses ombres fractalisées, compositions géométriques ou brouillages de paysages invisibles qui se décomposent au feu des lumières nocturnes. Le masticage visuel, la dégradation des couleurs font alors apparaître autant de sensations nouvelles, forêts, villes et ciels sans nom qui vibrent et se déchirent, surgissent ou résistent au foisonnement des ondes, inventant leurs propres sonorités mêlées à celles de la musique. (tout au présent, car universel, dans le sens que c’est le but de son spectacle).